Partager l'article ! La légende de la fleur de Ceibo: ...
Vous souvenez du ceibo (ou seibo.... ) cet arbre dont je vous ai parlé dans un précédent article et dont la fleur a été déclarée fleur nationale en Argentine et en Uruguay?
Ici aussi la culture universelle envahit les chaumières... Nous avons bien sûr Blanche-Neige, les Sept Nains, la Maison de Pain d'Epices et Peau d'Ane..... Mais il arrive qu'on raconte encore aux enfants des légendes qui ne sont que d'ici!!!!!! Comme celle-ci ......
Bien avant l'arrivée des Espagnols, le peuple guarani vivait heureux sur les rives du Parana......
Leur chef avait une fille unique dont la laideur décourageait tout prétendant . Jamais on avait vu indienne aussi laide! Mais Tupá, le dieu suprême, créateur de la terre, l'avait dotée d'une voix merveilleuse, ce qui lui avait valu le nom de : Anahi - ce qui signifie à peu près : voix de rossignol.
Un jour, une grande agitation gagna les guerriers de la tribu et les préparatifs de guerre commencèrent....
Anahi demanda ce qui se passait. On lui expliqua que des hommes portant vêtements durs et brillants et tirant des flêches de feu venaient d'établir un campement non loin du village....
Il était évident que ces gens ne venaient pas en paix. Ils souhaitaient s'emparer des terres du peuple guarani et capturer toute la tribu pour en faire des esclaves... La seule issue était le combat!
Les guerriers indiens luttèrent toute la nuit. Le combat fut sanglant..... A l'aube, les quelques survivants rentrèrent au village transportant les dépouilles des braves tombés dans la bataille.... Anahi se précipita et découvrit le corps inanimé de son père.
On enterra le vieux chef dans les terres sacrées... Le chant doux et mélodieux d'Anahi l'accompagna dans son dernier voyage vers Tupá....
Les guerriers voulaient se rendre mais la jeune indienne prit la lutte en main. ... Le peuple guarani connaissait parfaitement l'immense forêt qui bordait le Parana et commença alors un combat silencieux : derrière chaque arbre un guerrier indien veillait prêt à lancer une flêche sur l'adversaire qui s'aventurait seul.....
Anahi guetta longtemps le soldat qui avait tué son père et une nuit que celui-ci s'était éloigné de ses compagnons, elle lui décocha une flêche et il tomba mort dans un grand cri.... Mais elle s'était trop approchée du camp des Espagnols..... Ils la capturèrent et la condamnèrent à la mort par le bûcher...
La jeune indienne fut traînée dans un bois et attachée à un arbre... On disposa autour d'elle des fagots sur lesquels on jeta de la graisse de boeuf et on y mit le feu....
Une fumée noire entoura bientôt la malheureuse, mais au lieu des cris de douleurs attendus, les soldats médusés entendirent soudain un merveilleux chant mélodieux.... et virent la jeune fille entourées de flammes rouges s'élever jusqu'à la cime de l'arbre....
Le lendemain, toute trace du bûcher avait disparu mais l'arbre était toujours là, couvert de fleurs rouges qui ne ressemblaient à aucune autre connue jusque là!
Cette fleur sans parfum avait la forme des langues de feu qui tuèrent Anahi...
La fleur du Ceibo était née....
J'aime beaucoup ces légendes indiennes..... et vous?
Avant de vous quitter, je veux remercier Vicente Garcés qui m'a autorisée à utiliser les photos 2 et 3 que j'ai prises sur son blog : Flores y Plantas.net
A bientôt, les Amis!